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| Cette contrée de Flandre, que l’on appelle
plus estroitement Comté, et que nous avons dit dans la description
générale de toute la Flandre, avoir la Comté
d’Alost, Tournay, et le pays d’Hainaut au Levant ; au
Midy le mesme Hainaut et l’Artois ; au Couchant le dit Artois,
Calais, et une partie de l’Ocean Germanique ; |
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| au Septentrion la mesme Mer d’Allemagne, la Zelande
et les quatre Offices confinants avec Foy ; cette contrée dis-je
a esté jadis divisée par la diversité des langues,
et aussi par les eaux de la Lize, prenante la source aux montagnes
d’Artois, et charie longuement les eaux par divers contours
jusques à Gand, passant au travers de plusieurs villes et campagnes
de la Flandre. |
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Les lieux qui paraissent entre l’Ocean et cette
mesme riviere, composent la plus noble et la plus grande partie de
la Comté de Flandre, laquelle est habitée par ceux auxquels
la nature a octroyé de parler la langue Teutonique.
Les autres lieux situez à droite de la Lize, et qui sont environnez
de l’Escarpe, et de l’Escaut, ou qui ont leur extension
entre ces deux rivieres, constituent l’autre partie de ce domaine
; or les habitants de cette seconde partie sont distinguez par la
diversité de langage.
Ceux qui habitent en la partie Orientale, depuis Menin et Halewin,
lieux voisins l’un de l’autre jusques à Gand, entre
les estrecissures des rivieres, parlent la langue Belgique ; au contraire
ceux qui demeurent au Midy et à l’Occident dans un endroit
plus large, excepté un petit nombre, qui habitent le long de
la Lize, usent de la langue Françoise.
Quoy que cette seigneurie estant comparée avec l’autre
partie de la Comté de Flandre, soit comprise dans d’estroites
limites, toutefois elle n’est pas petite de soi mesme, et ne
manque pas de belles qualitez, pour lesquelles elle merite d’estre
louée.
Ce membre donc de la Flandre Gallicane a la Flandre Teutonique et
les Tournesiens au Levant ; le Hainaut et l’Artois au Midy ;
elle confine avec les mesmes Artesiens du costé d’Occident
; et de là elle regarde au long et au large vers le Septentrion
et l’Orient les Flamends Teutons, dont la Lize en separe une
grande partie par le cours favorable et fecond de ses eaux, la Deulle
passe au travers ; l’Escaut et l’Escarpe l’environnent
en partie, et en partie l’arrosent, et toutes apportent de grandes
commoditez, estant propres à la navigation, et pour ce sujet
servent à la fertilité, et a accroistre les richesses
par leurs divers conduits, qui arrousent cette contrée ; et
sont commodes pour le transport des marchandises.
Le sol de la Flandre Gallicane estant arrosé de ces rivieres,
est fertile en tout son pourprix ; toutefois cette partie est moins
feconde, qui est du costé d’Artois. L’air y est
assez benin, et en quelques endroits il est favorable à la
fertilité, et aussi à la volupté. Il y a peu
de collines, et elles ne sont pas pierreuses, ny destituées
de fruit. Leur principal revenu consiste en un champ fertile à
merveille, et en fromage fort gras ; iceluy est situé en lieu
eminent, quoy que pour la plupart il est plus bas, que le pays d’Artois.
En quelques endroits ce terroir est parsemé de forests, d’où
l’on tire grande quantité de bois pour les edifices,
et aussi pour le chauffage ; les divertissements de la chasse n’y
manquent pas. Les plus renommées de toutes ces forests sont
celles de Fline, Raysse, Martian, et la voysine de Cifon.
Que s’il y manque quelque chose, l’industrie et le travail
des fermiers y suppléent ; ils environnent les jardins, les
champs et les chemins de bois taillis, de sorte qu’une partie
des villages et des champs semblent estre des bois à ceux qui
les considerent. Les arbres qui sont plantez dans les jardins portent
divers fruits, ou de ceux qui naissent dans le pays, ou dans les pays
estrangers. Les arbres, qu’ils mettent aux environs des jardins,
champs, prairies et chemins, sont infructueux ; mais principalement
les ormes, les saulz, les chesnes, les aulnes et les fresnes ; dont
les uns servent aux bastiments, et les autres pour l’usage du
feu.
Les champs estant deuément cultivez, rapportent en abondance
toutes sortes de grains, lin, chanvre, legumes, et des herbes propres
pour la teinture. Aux endroits où les terres sont arrosées
des rivieres, il y a quantité de bons pasturages, et on y void
grand nombre de chevaux et de bœufs ; comme aussi des oyes qui
y paissent en troupes.
Cette region ne porte ny marbre ny autres metaux ; il se trouve seulement
de la pierre blanche aupres de l’Isle, qui est plus propre pour
jetter bien profond les fondements des edifices, que pour en dresser
les parois des maisons et des Eglises ; aupres de Tournay il se trouve
de la pierre bleue, laquelle, quoy qu’elle se fende, est neantmoins
plus dure, que cette pierre blanche d’aupres de l’Isle
dont nous venons de parler.
Toute cette contrée a trois villes principales, l’Isle,
Douay, Orchies ; quatre bourgs, Armentieres, Comines, la Bassée
et Lanoy ; de villages et hameaux 170 ; et grand nombre de chasteaux
et maisons de Noblesse, et aussi quelques monasteres par la campagne.
Il y a par tout grande quantité de richesses, soit que la fertilité
du sol …….
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(extrait du texte figurant à l’arrière
de la gravure du pays de lalleve : document ML)
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