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La quatrième année de guerre s’ouvre sur l’incertitude.
Le front qui s’est établi aux confins du village en 1914 (sur Bois Grenier) est stable. Des obus tombent parfois faisant quelques victimes mais Erquinghem-lys est presque intacte et vit à l’heure anglaise.
Les Britanniques se sont installés. Ils occupent particulièrement la blanchisserie Mahieu devenue un immense établissement de bain pour les soldats revenant du front.
Erquinghemmois et Britanniques sympathisent.
En ce début 1918, tout va basculer.
L’ennemi trouve le moment propice pour terminer cette guerre qui ne dure que trop.
Il amène sur le front français des trains entiers de soldats libérés du front russe par la paix séparée de Brest Litovsk (700 000 hommes). Les Américains qui sont entrés en guerre commencent à peine à envoyer des troupes.
De nombreuses offensives sont menées par les Allemands en vue de réduire les Français (offensives St Michel, Blücher, Villers Cotterets, Friedenstrum, qui veut dire « pour la Paix » et Georgette).
C’est l’offensive « Georgette » qui intéresse notre village. Le 9 Avril 1918 à 4 heures du matin l’ennemi attaque sur un front allant de La Bassée à Ypres.
Deux divisions portugaises surprises vont basculer à Neuve Chapelle.
Les Britanniques résistent au mieux pour retarder l’avance allemande qui vise à atteindre la mer et à couper nos alliés de leurs bases. L’ennemi arrive à Erquinghem-lys par la rue du Moulin et cherche à passer la Lys.
C’est au cours de la bataille que se distingue le soldat Arthur POULTER.
Il est, ce 10 Avril, brancardier, il est bien dans son rôle car doué d’une grande force, il soulève un homme comme d’autres prennent un enfant.
Dix fois, alors que les Allemands installés avec une mitrailleuse sur le passage à niveau de la rue du Moulin lui tirent dessus, 10 fois il passe en portant un blessé sur le dos. L’un des rescapés recevra des balles allemandes lors du passage.
Ces hommes mis à l’abri du violent bombardement que subit Erquinghem-lys sont soignés par Arthur POULTER et conduits à l’ambulance.
Seuls les Britanniques remarquent cet acte d’héroïsme qu’ils portent sur leur journal de route.
Deux ou trois semaines plus tard le soldat POULTER, sur le front vers Kemmel est grièvement blessé à la tête par une balle qui, rentrée par la nuque, ressort sous l’œil droit. C’est un lieutenant britannique qui l’amènera à l’ambulance, un lieutenant sauvé par Arthur POULTER le 10 Avril !!!
La guerre est finie pour notre héros, à l’hôpital où on le soigne il apprend que la Victoria Cross lui a été décernée.
Peu après les Allemands démoralisés par la résistance des alliés sur tout le front commencent leur repli, la guerre se termine enfin le 11 Novembre 1918.
Arthur POULTER qui retourne au pays est accueilli avec honneur par ses compatriotes et reprend la vie civile.
Receveur dans une compagnie de tramway, il épingle sur sa tenue chaque année, au 11 Novembre, lorsqu’il est de service, sa Victoria Cross. Il élèvera sa famille, travaillera dans une brasserie (Thimothy Taylor) et décèdera à 62 ans en 1956.
Comme toute Victoria Cross, Arthur POULTER eut le droit à des obsèques très suivies.
A Erquinghem-lys, Jack THORPE en relation avec Lyn MACDONALD écrivain de guerre découvre dans le livre du régiment du Duc de Wellington l’acte de bravoure d’Arthur POULTER (acte de bravoure dont les Erquinghemmois n’avaient pas entendu parler au cours de la bataille) et relève sur le drapeau du régiment d’Arthur POULTER une bataille d’honneur : la bataille de la Lys.
Jack THORPE prend de nombreux contacts en Angleterre et dès 1993 prévoit des cérémonies spéciales à Erquinghem-lys pour la 80éme Commémoration de l’armistice de 1918.
Le comité d’histoire locale suit et pendant 4 ans la cérémonie se prépare, fortement appuyée par la municipalité. Il a fallu faire face : trouver les fonds, prendre des contacts avec les militaires anglais, organiser les journées des 14 et 15 Novembre 1998, monter une exposition…
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