| | Un conflit entre Monsieur le Comte Déliot et Monsieur VILLER Maire d'Erquinghem-lys | | | |
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Monsieur le Comte Déliot a fait couper les arbres qui bordent la rue de l’issue et, en a fait planter d’autres.
Le Maire d’Erquinghem-Lys, Monsieur VILLER, écrit au Comte pour lui dire que les arbres plantés par ses prédécesseurs pouvaient lui appartenir mais qu’il n’en sera pas de même pour ceux qu’ils a replantés, le chemin de l’Issue étant propriété de la commune, sauf si Monsieur le Comte présente un titre stipulant du contraire.
Le Comte se croit agressé et s’adresse sans doute aux « Chemins Vicinaux » qui par lettre envoyée au Maire demandent sur quoi s’appuient les prétentions de la Mairie.
Le 5 juin 1859, le bureau de bienfaisance présente un certificat attestant que le Comte Déliot de la Croix a racheté le 24 Mars 1857 (N°865 du journal) et pour 25 francs 96 une rente due aux pauvres d’Erquinghem-Lys, rente que son oncle avait toujours acquittée.
L’archiviste du département confirme que le Comte Déliot figure sur l’état des rentes foncières, rentes et créances pour le bureau de bienfaisance d’Erquinghem-Lys et paie pour une rente sur « lieu, fossé et prairie » depuis 1825 jusque et y compris 1855.
Les Chemins Vicinaux, par une lettre adressée au Maire, signalent que ni la Commune, ni le Comte Déliot ne possèdent de titre de propriété et que chacun s’appuie sur des présomptions. Ils conseillent, dans l’intérêt de la Commune, d’arrêter l’abattage des arbres, Monsieur le Comte ne contestant pas le passage sur cette voie.
L’affaire est portée par le Maire devant le Préfet du Nord.
Par une lettre datée du 8 avril 1859, Monsieur VILLER dit à Monsieur le Préfet qu’il ne possède pas de titre mais que le chemin de la ferme de la Hazarderie, (ferme se trouvant contre la Lys), débouchait sur le chemin de l’Issue ; que dans certaines pièces qu’il possède la rue porte le nom de « chemin de l’église », ou de « chemin de la Hazarderie » ;
qu’en 1857 le Comte a remboursé une rente imposée par le bureau de bienfaisance sur la porte de sortie pour arriver au cimetière en traversant ledit chemin (s’ils étaient propriétaires ses prédecesseurs n’avaient pas à payer), et d’ajouter que la rue ou chemin de l’issue est la seule voie d’accès au cimetière en voiture, qu’il existe dans cette rue des maisons qui doivent avoir un débouché sur la voie publique.
Le 20 Août 1859, le Maire écrit à nouveau au Préfet du Nord, après délibération du Conseil Municipal, afin d’obtenir l’autorisation de poursuivre judiciairement pour l’intégration du chemin en litige.
L’affaire se corse, Maire et Comte sont désormais fortement opposés.
Le 30 Septembre 1859 le commissaire de police de Lille notifie au Maire d’Erquinghem-Lys que Monsieur le Comte Déliot, 100 Rue Royale à Lille a pris connaissance de la délibération du Conseil Municipal d’Erquinghem-Lys et qu’il doit fournir un contre-dit dans les quinze jours.
Par lettre, la mairie fait savoir au Comte Déliot que le Conseil de Préfecture autorise le Conseil Municipal d’Erquinghem-Lys d’intenter un acte judiciaire.
Le Comte Déliot écrit au Préfet du Nord en lui disant qu’il ne comprend pas la querelle que cherche la commune d’Erquinghem-Lys et dit qu’il a les moyens de défendre qu’il est propriétaire.
Le dossier se ferme sur cette pièce. Il est fort probable que la Mairie a gagné son procès. On peut imaginer que le Comte Déliot a abandonné la partie. On comprend ainsi qu’il ait stipulé sur son testament que dans le cas où il mourait sans héritier le « château » devait être détruit.
Toutefois, après le décès du Comte, en 1867 l’ensemble de la propriété du «petit château» (à l’angle de la rue de l’Issue et de la rue d’Armentières) fut transformé en fondation par Madame la Comtesse Déliot et pour usage d’hospice portant le nom de « Hospice Edgar » en souvenir d’Edgar Déliot dernier héritier des Déliot, disparu.
(BM N° 90)
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