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C’était le 6 Octobre 1914… à Erquinghem-Lys.
Au quartier du Bac, une échauffourée opposa soldats allemands et soldats français. Au cours de cette rixe, un cuirassier français, Etienne BONNEFON est atteint d’une balle qui devait provoquer la mort quelques instants plus tard.
On allait ainsi enterrer, le lendemain matin, le premier soldat français mort sur le territoire de la commune d’Erquinghem-Lys durant la première Guerre Mondiale.
La dépouille d’Etienne BONNEFON fut inhumée dans le cimetière de la commune, situé à l’époque autour de l’église.
Vers 1926, selon les dires de Victor DERVYN (cf. livre Erquinghem-lys 1914 1918 Victor Raconte, page 24) Etienne BONNEFON fut exhumé pour être reconduit dans son village natal qui était FOURGUES SUR LOT.
Ainsi une page d’Histoire semblait définitivement tournée jusqu’à ce jour…mardi 24 Février 1998.
En écoutant l’enregistrement de l’interview accordée en 1970 par Monsieur Marcel POLLIN à Monsieur Gabriel HUE (à l’époque directeur de l’école Publique d’Erquinghem-lys) et ses élèves, on apprend que le corps d’Etienne BONNEFON avait été exhumé et transféré à l’ossuaire du Mont Rouge.
Il n’en fallait pas plus pour exciter la curiosité de deux membres de l’association « Erquinghem-Lys et son Histoire », en l’occurrence Philippe DEMON et Jack THORPE qui commencèrent immédiatement les recherches.
D’ossuaire au Mont Rouge il n’y en a point. Dans les cimetières des environs (Locre, Westoutre, Dranoutre…) à l’Ossuaire de Kemmel, aucune trace du cuirassier BONNEFON.
C’est à l’antenne du Ministère des Anciens Combattants Français, service des sépultures militaires, à Lille, que l’on s’adressa.
On y apprit que le corps d’Etienne BONNEFON reposait désormais au cimetière anglais de Saint Jans Cappel.
La Commonwealth War Graves Commission de Beaurains nous fournit de plus amples renseignements et indiqua que le cimetière se situait sur les pentes du Mont Noir.
L’emplacement exact de la tombe nous fut donné.
Et c’est ainsi que le Mercredi 25 Février 1998 (mercredi des Cendres) nos deux curieux s’inclinaient devant la tombe d’Etienne BONNEFON.
Heureux d’avoir retrouvé la tombe du premier soldat français tué dans la commune durant cette guerre 14-18, les deux détectives s’intéressèrent au premier soldat allemand tué lors d’un combat près du pont d’Erquinghem-lys.
Relisons le récit de Victor DERVYN (pages 23 et 24 de son livre) :
« Le samedi 30 Octobre, au début de l’après midi, scrutant l’horizon avec ses jumelles, le lieutenant aperçoit deux cavaliers qui, à travers prés, viennent vers lui. Il se rend bien vite compte qu’il s’agit d’Allemands, des Uhlans. Les cuirassiers mis en alerte prennent position avec ordre de n’ouvrir le feu que sur commandement. Les deux Uhlans s’approchent lentement, apparemment insouciants ; au moment où ils arrivent près du pont le lieutenant ordonne : Feu ! Surpris, les Uhlans s’enfuient en direction de la Croix du Bac. L’un d’eux réussit à se camoufler derrière une haie, l’autre s’écroule, mortellement blessé. Ce cavalier allemand sera inhumé au cimetière de Nieppe, son cheval touché lui aussi sera enterré par les Erquinghemmois, la selle et le harnais seront déposés à la Mairie d’Erquinghem »
Qui était ce soldat ? Où repose t-il ? Monsieur Horst F.H. HOWE, responsable des cimetières allemands de la région Nord, dont le bureau est implanté à Pérenchies, reçut très cordialement Messieurs THORPE et DEMON et ouvrit les archives en sa possession.
On apprit ainsi qu’en Octobre 1914, un soldat allemand avait été tué sur le territoire de Nieppe entre l’épinette et le pont. Ce soldat repose au cimetière Militaire Allemand de Nieppe ; son nom nous est inconnu mais le numéro de sa tombe nous a permis de le retrouver.
Grâce aux personnes et organismes cités dans ce récit, nous avons pu enrichir l’Histoire de notre commune.
Nous les remercions pour leur étroite collaboration.
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